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La consigne pour réemploi : pourquoi nos bouteilles consignées coûtent moins cher

Quand j'étais gamin en Alsace, il y avait encore un rayon consigne dans les supermarchés. On rapportait les bouteilles vides, on récupérait quelques pièces, et les bouteilles repartaient à la brasserie pour être lavées et remplies. C'était du bon sens. Le reste de la France l'a oublié pendant quarante ans. On est en train de s'en souvenir.

Chez Maison Specht, nous avons lancé la consigne pour réemploi de nos bouteilles en verre pour nos clients professionnels d'Île-de-France. Voici pourquoi, comment ça marche, ce que ça coûte, et pourquoi nos bouteilles consignées sont moins chères que nos bouteilles en verre perdu.

Recycler, c'est bien. Réemployer, c'est mieux.

Le verre que nous utilisons est déjà recyclé à près de 80 % et totalement recyclable. On pourrait s'arrêter là, et beaucoup s'y arrêtent. Sauf que recycler une bouteille, c'est la casser, la fondre à plus de 1 500 °C et en refaire une. Réemployer une bouteille, c'est la laver et la remplir. Les chiffres du secteur sont sans appel : une bouteille consignée réemployée économise environ 33 % d'eau, 79 % de CO2 et 75 % d'énergie par rapport à une bouteille recyclée. Et une bouteille peut être réutilisée jusqu'à 20, voire 25 fois.

Ce n'est pas qu'une conviction de fabricant. La loi AGEC fixe un objectif de 10 % d'emballages réemployables dès 2027. Le réemploi va devenir la norme pour les boissons servies en restauration. Autant y être avant.

Comment ça marche

Le principe est celui de la consigne classique, adapté à la restauration.

  1. Nous livrons nos boissons en bouteilles consignées, dans des caisses plastiques réemployables, sans suremballage carton.
  2. Le montant de la consigne (bouteilles et caisses) est facturé en plus du prix des boissons.
  3. À la livraison suivante, nous reprenons les bouteilles vides et les caisses, et la consigne est déduite.
  4. Les bouteilles partent chez notre partenaire de lavage, Uzaje, puis reviennent à l'atelier pour être remplies.

Pour le restaurateur, la seule différence avec le verre perdu, c'est qu'il ne jette plus rien : il stocke les vides dans la caisse et nous les reprenons. Nous avons déjà récupéré près de 40 000 bouteilles qui sont ou seront réutilisées.

Ce que ça nous demande (et pourquoi si peu de marques le font)

Je ne vais pas prétendre que c'est simple. La consigne est un casse-tête à mettre en place, et c'est précisément pour ça qu'elle était restée l'apanage des très gros industriels, qui l'ont toujours conservée pour leurs clients CHR parce qu'ils ont la taille pour en absorber les coûts.

  • Logistique : il faut investir dans un parc de caisses réemployables, gérer les flux aller et retour, faire rentrer le tout dans le camion de livraison, stocker les bouteilles en attente de lavage.
  • Comptabilité : consigne et déconsigne doivent être suivies dans le logiciel de facturation, qui n'a pas été conçu pour ça.
  • Fiscalité : la TVA ne s'applique pas sur le montant de la consigne… sauf si l'emballage n'est pas restitué. On vous laisse imaginer l'usine à gaz.

Ce qui nous a permis de le faire quand même, c'est la maîtrise de toute la chaîne : nous fabriquons, nous embouteillons, nous livrons en direct une partie de nos clients. Quand chaque maillon est dans la même maison, on peut décider un matin de mettre des caisses réemployables dans le camion. Un modèle avec façonnier, entrepôt externe et transporteur ne le peut pas.

Pourquoi nos bouteilles consignées sont moins chères

Pour le moment, la consigne nous coûte plus cher que le verre perdu. Et pourtant, nous proposons nos produits consignés moins chers à nos clients que les mêmes produits en verre perdu. Ce n'est pas un calcul, c'est un choix : on y croit, et la meilleure façon de convaincre un restaurateur d'essayer est de ne pas lui faire payer notre conviction. Plus il y aura de bouteilles dans la boucle, plus le système sera rentable pour tout le monde.

Ce choix nous a valu d'entrer dans l'annuaire des fournisseurs à impact d'Écotable, le label des restaurants engagés dans une démarche écoresponsable, qui a validé trois de nos engagements : la production locale, la bascule d'une large part de la gamme en bio, et le lancement de la consigne pour réemploi. Et c'est l'une des solutions concrètes que nous mettons en place avec les groupes hôteliers qui ont des objectifs RSE chiffrés.

Pour les professionnels d'Île-de-France

La consigne est disponible pour nos clients professionnels livrés en direct en Île-de-France. Si vous êtes restaurateur, hôtelier ou responsable d'un établissement en région parisienne et que vous voulez passer vos boissons sans alcool en réemploi, écrivez-nous à contact@maison-specht.fr ou via la page contact. On vous explique le fonctionnement, les montants de consigne, et on vous livre.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une bouteille consignée et une bouteille recyclée ?

Une bouteille recyclée est cassée, fondue et refabriquée. Une bouteille consignée pour réemploi est reprise, lavée et remplie à nouveau, jusqu'à 20 à 25 fois. Le réemploi économise environ 33 % d'eau, 79 % de CO2 et 75 % d'énergie par rapport au recyclage.

La consigne Maison Specht est-elle disponible pour les particuliers ?

Pas pour l'instant : elle est réservée aux clients professionnels livrés en direct en Île-de-France, parce que la reprise des bouteilles se fait lors de nos tournées de livraison.

Que prévoit la loi AGEC sur le réemploi des emballages ?

La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire fixe un objectif de 10 % d'emballages réemployables mis sur le marché en 2027, avec une montée progressive. Le réemploi des bouteilles en restauration est l'un des leviers principaux pour l'atteindre.

Sébastien Specht, fondateur de Maison Specht — maison française de boissons sans alcool fondée en 2010. Mocktails, sodas, infusions et jus composés et fabriqués dans notre atelier de Mantes-la-Jolie, sans additifs ni conservateurs.