De Borderline à Maison Specht : seize ans de boissons sans alcool, un atelier et un incendie
On me demande souvent pourquoi une marque de boissons sans alcool s'appelle « Maison Specht ». La réponse tient en trois noms, seize ans, un atelier construit de nos mains et un incendie. Voici l'histoire, dans l'ordre.
2010 : Borderline, quatre copains et une idée fixe
Maison Specht naît en 2010, juste après nos études, sous le nom de Borderline. Nous sommes quatre amis, et nous avons une conviction un peu à contre-courant pour l'époque : le sans-alcool mérite mieux que le jus d'orange et le Perrier tranche. Les bars servent des cocktails élaborés à ceux qui boivent, et un verre d'eau gazeuse à ceux qui ne boivent pas. On trouve ça injuste, et surtout ennuyeux.
On se met donc à composer des cocktails de fruits sans alcool. Pas des jus : des assemblages, avec des noms de personnages, une bouteille qui ne ressemble à rien de ce qui existe et un ton qui assume l'impertinence. L'idée de départ n'a jamais bougé : proposer une alternative à l'alcool qui soit originale, premium et non culpabilisante. En 2011, cette idée nous vaut le Prix de l'Entrepreneur de l'Année Moovjee. On est jeunes, on est dans la lumière, et on ne sait pas encore fabriquer une bouteille nous-mêmes.
2016 : on construit l'atelier, et on devient La Boissonnerie de Paris
Pendant les premières années, nos recettes sont produites chez un façonnier. C'est le modèle de la plupart des marques de boissons : on conçoit, quelqu'un d'autre fabrique. Sauf que ça ne nous convient pas. On veut maîtriser la recette jusqu'au bout, choisir les fruits, régler les machines, comprendre pourquoi une infusion réussit ou rate.
En 2016, on prend une décision que beaucoup jugent déraisonnable pour une entreprise de notre taille : internaliser la production. On conçoit et on installe notre propre atelier, avec nos mains et sans grands moyens. Cuves, ligne d'embouteillage, pasteurisation, étiquetage : on apprend tout, souvent la nuit. La marque devient La Boissonnerie de Paris, un nom qui dit exactement ce qu'on est devenus : un lieu où l'on fabrique des boissons.
C'est à partir de là que la gamme s'élargit. Aux cocktails de fruits s'ajoutent des purs jus et des nectars « pas classiques » (un fruit évident, une note qui ne l'est pas), puis des infusions et thés glacés. La production interne nous permet aussi de basculer une large part de la gamme en bio, de supprimer additifs et conservateurs, et de fabriquer pour d'autres marques qui n'ont pas d'atelier.
2024 : l'incendie, six mois d'arrêt, et Maison Specht
Début 2024, un incendie détruit notre atelier. En quelques heures, quatorze ans de travail partent en fumée. Les machines, les stocks, les matières premières. Nous sommes à l'arrêt complet pendant près de six mois.
Je pourrais raconter ces six mois comme une traversée du désert. Ce serait faux. Un arrêt forcé, c'est aussi une feuille blanche. On avait entamé un travail sur la marque plus d'un an avant, et on savait que le nom « La Boissonnerie de Paris » ne racontait plus tout ce qu'on était devenus. L'incendie a été un accélérateur. On a repensé l'organisation, retravaillé chaque recette pour la rendre plus créative, redessiné les bouteilles. Et on a choisi un nouveau nom.
Specht, c'est mon nom de famille. C'est aussi, en allemand et en alsacien (d'où nous venons), le nom du pic, l'oiseau qui tape sur les arbres avec une obstination que je reconnais assez bien. Il est sur nos étiquettes. « Maison », parce que nous en sommes une : un lieu, un savoir-faire, des recettes qui nous appartiennent.
Le 2 septembre 2024, La Boissonnerie de Paris devient Maison Specht, avec de nouveaux packagings, des recettes revisitées et un nouvel atelier. On s'est éloignés de Paris pour un bâtiment plus spacieux, au milieu de la verdure, à Mantes-la-Jolie dans les Yvelines. Les machines ont été réinstallées, la ligne relancée, et les premières bouteilles sont ressorties de l'atelier.
Ce qui n'a pas changé
Trois noms en seize ans, mais une seule maison. Ce qu'on fait aujourd'hui, c'est exactement ce qu'on voulait faire en 2010, avec des moyens qu'on n'avait pas.
- Bousculer les normes établies dans l'univers des boissons. Le sans-alcool n'est pas un verre de consolation.
- Composer des boissons audacieuses et complexes, qui ne laissent jamais indifférent. Nos mocktails sont des personnages, nos jus ont une note qui n'a rien à faire là, nos sodas sont sans arôme.
- Offrir un imaginaire, avec de la poésie et de l'impertinence. Notre signature dit tout : plus facile à boire qu'à prononcer.
- Proposer le meilleur des fruits et des plantes, en fabrication française, sans additifs ni conservateurs, et en bio pour une large part de la gamme.
Depuis 2010, nos boissons sont servies dans des restaurants, des hôtels, des bars, des cavistes et des épiceries fines, de Paris à la Tour Eiffel en passant par les tables étoilées. Et elles sont fabriquées, une par une, dans un atelier que nous avons conçu nous-mêmes. C'est ça, une maison.
Questions fréquentes
Maison Specht et La Boissonnerie de Paris, est-ce la même entreprise ?
Oui. La Boissonnerie de Paris est devenue Maison Specht en septembre 2024, après l'incendie de l'atelier et la construction d'un nouveau site de production à Mantes-la-Jolie. Les recettes ont été retravaillées, l'équipe et le savoir-faire sont les mêmes.
Où sont fabriquées les boissons Maison Specht ?
Dans notre propre atelier, à Mantes-la-Jolie (Yvelines, 78). La production est internalisée depuis 2016 : nous concevons les recettes, sélectionnons les fruits et les plantes, fabriquons et embouteillons nous-mêmes.
Que signifie « Specht » ?
C'est le nom de famille du fondateur, Sébastien Specht, et le mot allemand pour le pic, l'oiseau qui figure sur nos étiquettes. La maison a des racines alsaciennes.
Sébastien Specht, fondateur de Maison Specht — maison française de boissons sans alcool fondée en 2010. Mocktails, sodas, infusions et jus composés et fabriqués dans notre atelier de Mantes-la-Jolie, sans additifs ni conservateurs.



